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Historique de la culture de la paix

L’UNESCO développe des activités visant à promouvoir une culture partagée de la paix depuis ses débuts, peu après la seconde guerre mondiale, pour "élever les défenses de la paix dans l’esprit des hommes et des femmes". Cependant, le terme de la culture de la paix est apparu 40 ans plus tard, à la fin de la guerre froide (1986). Pour la première fois, l’objectif constitutif de l'ONU, remplacer la guerre par la paix, pouvait être visé.

1986

Le terme "culture de la paix" apparaît la première fois dans l’initiative "Cultura de paz" lancée au Pérou en 1986 et il est étayé par la Déclaration de Séville sur la violence. Elaborée en 1986 par des scientifiques du monde entier, cette déclaration apporte les arguments scientifiques permettant d'affirmer que la guerre n’est pas déterminée par les gènes, par un cerveau violent, par la nature humaine ou par l’instinct, mais qu’elle est plutôt une invention sociale. Elle conclut que « la même espèce qui a inventé la guerre est également capable d’inventer la paix ».

1989

Le concept de la culture de la paix a été développé plus en avant lors du Congrès international sur la paix dans l’esprit des hommes, qui s'était déroulé à Yamoussoukro, Côte d’Ivoire, en septembre1989, sous l'égide de l'UNESCO et sur l'initiative de la Fondation du Président Houphouët Boigny.

Dans sa déclaration finale, le Congrès recommandait à l’UNESCO de « (...) contribuer à la construction d’une nouvelle vision de la paix par le développement d’une culture de la paix, sur le fondement des valeurs universelles du respect de la vie, de liberté, de justice, de solidarité, de tolérance, des droits de l’homme et d’égalité entre les femmes et les hommes ».

1992

En 1992, le Conseil exécutif de l’UNESCO a demandé que soit mis en place un programme spécifique pour une culture de la paix à titre de contribution aux efforts déployés par les Nations Unies pour le maintien de la paix. Partant du principe que les opérations de maintien de la paix pouvaient éventuellement à elles seules assurer l’absence de guerre, mais qu’elles n’avaient pas le pouvoir d’instaurer la dynamique d’une paix positive, l’UNESCO a fait valoir en 1992 que le meilleur moyen
d’y parvenir pouvait être d’amener les anciens adversaires d’un conflit à s’engager dans des entreprises communes de développement humain. Se proposant d’agir avant tout dans les domaines de l’éducation, de la science, de la culture et de la communication, l’UNESCO a offert ses services pour la construction de la paix au lendemain des conflits. Des programmes nationaux ont ainsi été mis en chantier dans bon nombre de pays d’Amérique centrale et d’Afrique et en collaboration avec le gouvernement des Philippines.

1995

Tournant majeur: l’UNESCO décide de consacrer sa stratégie à moyen terme 1996-2001 à une culture de la paix.  

La Conférence générale a déclaré que « le défi majeur, en cette fin du XXe siècle, est d’amorcer la transition d’une culture de la guerre vers une culture de la paix :

  • une culture de la convivialité et du partage, fondée sur les principes de liberté, de justice et de démocratie, de tolérance et de solidarité,
  • une culture qui rejette la violence, s’attache à prévenir les conflits à leurs sources et à résoudre les problèmes par la voie du dialogue et de la négociation,
  • une culture qui assure à tous le plein exercice de tous les droits et les moyens de participer pleinement au développement endogène de leur société. » L’UNESCO a alors établi un projet transdisciplinaire pour relever ce défi.

1997

Reconnaissant l’importance de l’expérience de l’UNESCO dans le domaine de la culture de la paix, la 52e Assemblée générale des Nations Unies, réunie à l’automne 1997, a intitulé un article distinct de son ordre du jour « Vers une culture de la paix » et demandé au Secrétaire général, en coordination avec le Directeur général de l’UNESCO, de lui soumettre un rapport sur son projet transdisciplinaire, accompagné d’un projet de déclaration et de programme d’action sur une culture de la paix.

1998

L’Assemblée générale proclame que l’an 2000 sera l’Année internationale de la culture de la paix et que son Point Focal serait l’UNESCO. Le Conseil Exécutif a invité les états membres « à prendre dès à présent toutes les mesures nécessaires pour assurer son succès et à affirmer de la sorte les valeurs de tolérance, de compréhension mutuelle, ainsi que celles de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, autant d’actions qui profiteront avant tout aux femmes, à la jeunesse et aux pays moins avancés ».

L'ONU adopte la Déclaration de Tachkent pour la culture de la paix qui définit les actions de l’UNESCO dans les Etats Membres.


La 53e Assemblée générale a ensuite proclamé la décennie 2001-2010 « Décennie internationale de la promotion d’une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde »
suite à une proposition des lauréats du prix Nobel de la paix. L’an 2000 devrait ainsi se présenter comme un nouveau départ engageant un processus de transformation au long cours.

13 septembre1999

 

Après neuf mois de débat, la 53ème Assemblée générale a adopté une « Déclaration et un programme
d'action sur une culture de la paix » (A/53/243). L'article premier de la déclaration donne la dernière et la plus complète définition de la culture de la paix « comme l'ensemble des valeurs, des attitudes, des
traditions, des comportements et des modes de vie fondés sur :
a) Le respect de la vie, le rejet de la violence et la promotion et la pratique de la non-violence par l'éducation, le dialogue et la coopération ;
b) Le respect des principes de la souveraineté, de l'intégrité territoriale et de l'indépendance politique des États et de la non-intervention dans les questions qui relèvent essentiellement de la juridiction nationale de tout État quel qu'il soit, conformément à la Charte des Nations Unies et au droit international ;
c) Le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales et leur promotion ;
d) L'engagement de régler pacifiquement les conflits ;
e) Les efforts déployés pour répondre aux besoins des générations actuelles et futures en ce qui concerne le développement et l'environnement ;
f) Le respect et la promotion du droit au développement ;
g) Le respect et la promotion de l'égalité des droits et des chances
pour les femmes et les hommes ;
h) Le respect et la promotion des droits de chacun à la liberté d'expression, d'opinion et d'information ;
i) L'adhésion aux principes de liberté, de justice, de démocratie, de tolérance, de solidarité, de coopération, du pluralisme, de la diversité culturelle, du dialogue et de la compréhension à tous les niveaux de la société et entre les nations; et encouragés par un environnement national et international favorisant la paix et dont l'instauration dépend d'un environnement national et international propice ».

2001-2010

La Décennie internationale de la promotion d’une culture de la paix et de la non-violence au profit des enfants du monde a été un moteur pour des centaines d'activités favorisant la culture de la paix dans les différents pays du monde. Plusieurs associations en faveur de la culture de la paix naissent durant cette décennie, dont Graines de Paix.

2014

L'UNESCO organise la célébration des 25 ans de la culture de la paix à Yamoussoukro, Côte d'Ivoire, là où elle a été proclamée la première fois, et ce en présence du Réseau UNESCO Afrique des instituts de recherche et des fondations pour la promotion de la culture de la paix.

Sept. 2015

L'ONU vote les nouveaux objectifs du développement durable pour la période 2016-2030 et mentionne spécifiquement l'éducation à la culture de la paix comme le fondement de l'éducation de qualité (Objectif 4) au point 4.7.

 

Note: cet article adapte et complète un article de l'UNESCO : "Bref historique du concept de la culture de la paix", 2000.