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Respect de soi et des autres

- Je te trouve bien distraite ces derniers temps. Aurais-tu rencontré quelqu’un ?
- Oui et non.

- Tu peux te confier à moi, je suis ta mère ! Je t’écoute... comment est-il ?
- Il s’agit d’elle.

- Tu es tombée amoureuse d’une fille ?
- Oui et non.
- Bien… tu n’as pas fini de m’étonner. Et ça dure depuis combien de temps ta petite amourette ?
- Très longtemps.

- Un mois, deux mois ?
- Quelques années. Au début c’était difficile entre nous, mais à présent je peux te dire que je l’aime.
- T’as pas honte ma pauvre fille ? Tu m’annonces ça comme si c’était normal. Sais-tu comment je le ressens ? Comme une gifle !

- Honte de quoi ? Mais maman, cela fait des années que je cherche à être bien dans ma peau. Avant, j’étais si malheureuse !
- Tu aurais pu m’en parler avant, au fur et à mesure que ce sentiment naissait en toi. Tu ne me fais plus confiance ma pauvre fille.

- Mais si je te fais confiance ! Seulement voilà, tu comprends tout de travers ! Qu’est-ce que je pouvais te dire ? Que j’avais la nausée tous les matins lorsque je me regardais dans la glace ? A présent, je me trouve belle, je me souris, je m’aime quoi !
- Et elle… elle est comment ? Je la connais ?
- Justement, j’allais te le demander. Comment me trouves-tu ?
- Tu parles de toi ou de ta petite amie ?

- Il n’y a jamais eu de petite amie, sauf dans ton esprit suspicieux. C’est de moi dont je te parle, en quelque sorte si tu veux, je viens à peine de faire vraiment connaissance avec moi-même et je trouve que je suis une fille appréciable, une fille pour qui je dois avoir des égards, du respect.

- C’est maintenant que tu découvres que tu existes ? Mais où avais-tu la tête ma pauvre fille ! Faudra que je t’amène voir un psychologue.

- Mais cesse de me dire « ma pauvre fille » ! Justement, je suis en train de t’expliquer que je ne suis plus une « pauvre fille » comme tu dis : je suis quelqu’un de respectable, d’honorable.

- T’es en pleine crise d’adolescence…

- Peut-être bien maman, mais en attendant, je voudrais partager avec toi ce que j’ai compris. Tu sais, j’ai fait un gros travail sur moi ces derniers temps et je me suis posé la question pourquoi je ne te respectais pas, pourquoi j’étais souvent odieuse avec mes amies et j’ai trouvé que c’était parce que j’étais mal dans ma peau. Je ne m’aimais pas, pire, je me haïssais.

- Et alors ? Tu crois que je m’aime moi ?

- Justement, si tu t’aimais un peu plus, tu serais plus heureuse et peut-être qu’alors tu me considérerais comme ta fille et non plus comme une pauvre fille. Ce serait bien si tu te réconciliais avec toi-même. Nous pourrions rire et plaisanter comme avant. Etre heureuses tout simplement.

- Excuses-moi ma petite fille. Je dois t’avouer que j’étais jalouse de ta jeunesse. Te voir grandir ne me réjouissait pas, bien au contraire, je me sentais devenir vieille. Viens dans mes bras et faisons la paix pour toujours.

- Merci maman, je t’aime très fort tu sais ?
- Moi aussi…

 

Sketch écrit pour Graines de Paix par Emilie Salamin-Amar.

© 2006 Emilie Salamin-Amar des Editions Planète Lilou.
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